L’inclusion des élèves en situation de handicap est au coeur des préoccupations de l’Education Nationale. Dans l’Allier, le partenariat s’est développé avec les structures du Groupement SAGESS.

Quelle est plus précisément votre fonction au sein de l’Education Nationale ?
Je suis en charge de la scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers qui relèvent soit de l’adaptation scolaire, soit du handicap. Pour les élèves relevant du handicap, ils peuvent être accueillis à l’école ordinaire, soit en classe ordinaire, soit dans un dispositif ULIS et bénéficier, en fonction de leurs besoins, de moyens de compensation ( accompagnement par un SESSAD, un AESH, de matériel pédagogique adapté) ou être accueillis dans un établissement médico-éducatif et scolarisés dans une classe à l’interne de l’établissement ou dans une classe délocalisée au sein d’un établissement scolaire. Mon rôle, à travers mes missions de pilotage, est de coordonner les moyens humains et matériels de l’Education Nationale dédiés à la scolarisation des élèves en situation de handicap. Je suis également conseiller technique auprès de l’Inspecteur d’Académie pour toutes les questions portant sur l’ASH.

Comment évolue cet accompagnement dans le contexte d’une volonté d’inclusion marquée ?
L’accompagnement des élèves en situation de handicap est un point crucial. Dans le département, nous expérimentons actuellement le PIAL (Pôle Inclusif d’Accompagnement Localisé) avec un déploiement prévu dès l’année prochaine. Il s’agit de mieux former les AESH et les enseignants du milieu ordinaire, d’accompagner les prises de poste et de gagner en souplesse par rapport aux projets et à l’évolution de l’enfant.

L’objectif est donc de personnaliser encore cet accompagnement ?
Nous devons penser en terme de parcours individualisés et adaptés pour aller le plus loin possible dans le développement des compétences de l’enfant et l’amener à s’épanouir. Mais au-delà de ça, cet épanouissement doit avoir lieu dès que possible en milieu ordinaire. C’est un véritable projet de société : une société inclusive dans laquelle la rencontre avec le handicap produit un enrichissement mutuel.

Comment se déroule la gestion des classes entre l’Education Nationale et une structure comme SAGESS ?
Depuis de très nombreuses années, les relations entre les établissements et services médico-éducatifs de SAGESS et les services de l’Education Nationale sont forts. Les élèves en situation de handicap peuvent être scolarisés à l’intérieur des établissements médico-sociaux qui disposent alors d’une unité où interviennent des enseignants sous la responsabilité d’un coordonnateur pédagogique, tous des personnels de l’Education Nationale en général détenteur du CAPPEI (Certificat Professionnel aux Pratiques de l’Education Inclusive). Ils travaillent en étroite collaboration avec l’équipe pluridisciplinaire placée sous la responsabilité du directeur du site. Lorsque les unités d’enseignement sont externalisées, nous déplaçons le fonctionnement dans un établissement scolaire. Les élèves accueillis dans cette classe vont dès lors partager des activités avec les élèves des classes ordinaires en fonction de projets très divers construits en équipe : projet théâtre, projet chorale, projet photos…

De façon très concrète, comment se déroule la mise en place d’une unité d’enseignement externalisée ?
Lorsque la structure a identifié des élèves susceptibles d’aller en classe à l’extérieur, elle me fait part de son projet. Dès lors, je consulte les différents acteurs et nous réfléchissons ensemble. Il faut en général une année pour monter le projet qui va impliquer le chef d’établissement accueillant l’unité, la mairie si nous sommes sur une école élémentaire, les parents, les enseignants et les éducateurs. Si le projet aboutit, l’Education Nationale signe une convention avec la structure médico éducative et la collectivité territoriale concernée (municipalité ou Conseil départemental pour les collèges). Ce sont les fondations. Ce premier pas franchi, c’est véritablement la mise en oeuvre sur le terrain qui sera la clé de voûte de la cohérence du projet. La volonté des équipes, que ce soit l’équipe de l’école et l’enseignant de la classe externalisée ou que ce soit l’équipe de l’établissement, de travailler ensemble dans une même direction, avec les mêmes valeurs, sera déterminante.