Monitrice éducatrice au SAMSAH de Vichy

Quelles sont les particularités d’un SAMSAH ?
SAMSAH signifie Service d’Accompagnement à la Vie Sociale. À la différence des SAVS (Service d’Accompagnement à la Vie Sociale) qui prennent en charge un besoin uniquement social, nous suivons des personnes qui présentent une double problématique à la fois sociale et médicale.

Mais comme pour les SAVS, tout repose sur une démarche volontariste de la part du demandeur…
Absolument. C’est la Maison Départementale de l’Autonomie* (MDA) qui décide de l’orientation vers le SAMSAH ou le SAVS en fonction de chaque cas. Mais tous les services d’accompagnement ont en commun de baser leur action sur une demande clairement formulée et un projet de vie qui appartient avant tout à la personne suivie.

Quel est précisément votre rôle dans le processus ?
En tant que monitrice éducatrice, c’est à moi qu’il revient de monter chaque projet. Je reçois donc le demandeur à mon bureau pour un état des lieux de ses besoins. Nous fixons ensemble des objectifs et des axes de travail pour mettre en place un projet personnalisé compatible avec le projet de service. Le suivi commence avec une période d’observation de trois mois, qui nous permet de statuer sur la viabilité des actions mises en place. Mais tous les projets ont en commun
le maintien à domicile.

Combien de personnes suivez-vous et quelle est la composition de l’équipe du SAMSAH ?
Nous suivons 22 personnes, dont la moitié à peu près vivent en milieu rural : nous rayonnons sur une quarantaine de kilomètres autour de Vichy. Nous sommes quatre dans l’équipe de terrain (en plus de notre directeur, notre directrice adjointe et un médecin généraliste)
: une aide-soignante, une infirmière, une AMP et moi-même.

La présence de professions médicales et paramédicales soulignent la particularité du SAMSAH. Votre
métier d’acteur social s’exerce-t-il différemment au sein d’une telle structure ?
Je travaille depuis 25 ans à l’AVERPAHM. J’ai travaillé en SAVS et j’ai rejoint le SAMSAH à sa création en 2009. Je connais donc bien les deux types de structure. Effectivement, les nécessités du suivi médical s’imposent dans notre quotidien avec le demandeur, notamment dans une responsabilité supplémentaire qui est celle de la surveillance de l’état de santé pour pouvoir alerter rapidement. Pour nous, le médical est toujours intimement lié au social. Il est impossible de faire l’un sans l’autre, cela n’aurait pas de sens.

Pouvez-vous nous préciser la part du médical dans vos actions quotidiennes ?
Comme je le disais, cela commence par la surveillance et l’alerte éventuelle donnée aux organismes partenaires de la prise en charge : la MDA, les organismes de tutelle, les psychologues libéraux mais aussi les aides à domicile. Ensuite, cela va du simple accompagnement chez le médecin à des actes plus spécifiques comme faire la toilette ou couper les ongles.

Cette prise en charge particulière vous oblige à entrer dans l’intimité du demandeur, peut-être
plus qu’une éducatrice de SAVS ?
Sans doute, car nous effectuons aussi nos missions habituelles de nature sociale. Par exemple, je suis en ce moment un jeune homme qui a besoin d’aide sur de simples questions administratives comme l’ouverture d’un compte en banque. Mais il est vrai que notre présence et notre action touchent à des domaines encore plus intimes comme la souffrance, la maladie, le rapport au corps….

Comment parvenez-vous à déterminer la « bonne distance » à conserver par rapport à cette intimité ?
C’est un travail long qui peut prendre plusieurs années et dont les effets sont propres à chaque individu. Notre rôle est d’abord d’instaurer la confiance, ce qui passe par l’écoute et la prise en charge personnalisée. Chacune de nos actions ne peut s’effectuer qu’après une réelle acceptation de la part de la personne prise en charge. Nous devons respecter les limites qu’elle nous fixe tout en tâchant de progresser avec elle. Le plus important est de ne jamais être intrusif.

* Les Maisons départementales de l’Autonomie regroupent sous
une même entité les MDPH et les services départementaux dédiés
aux personnes âgées