Aide-soignante suite à une reconversion professionnelle et diplômée de l’IFSI Moulins, Sonia Duval exerce depuis 2012 à l’EHPAD Les Vignes de Dompierre-sur-Besbre, et aujourd’hui sur le site La Vie Là qui compte 21 places de long séjour.

Nous connaissons tous la profession d’aide soignante, ou nous croyons la connaître… Quelles sont selon vous ses particularités ?
Sonia DUVAL – C’est d’abord un métier de contact et c’est pour cette raison que je l’ai choisi. Il faut être d’autant plus à l’écoute et plus humain que les personnes sont dépendantes voire très dépendantes et donc fragiles. Ensuite c’est un métier de soins techniques, en particulier de soins d’hygiène qu’il faut effectuer dans un grand respect. Mais soigner c’est aussi anticiper et évaluer. L’aide soignante connaît bien ses résidents et participe aux réévaluations des GIR avec le médecin pour adapter les prises en charge.

Vous soulignez avec raison l’individualisation des prises en charge, mais comment parvenez-vous à personnaliser votre rapport avec les résidents ?
SD – Tout simplement en considérant que nous sommes dans un lieu de vie. Cela signifie que nous respectons les habitudes de chacun. Et si pour une raison ou une autre, un résident souhaite se lever plus tard que d’habitude par exemple, nous nous adaptons en décalant des soins. A force de vivre ensemble, nous finissons par bien nous connaître. Comme je sais reconnaître chez eux des signes de fatigue ou de mal être, ils remarquent aussi très vite mes changements d’humeur ou de coiffure !

Est-ce que cette proximité créé un attachement particulier ?
SD – Evidemment ! D’autant plus qu’à La Vie Là nous partageons aussi le temps du repas de midi avec les résidents. Nous faisons tout notre possible pour que l’environnement reste familial et convivial. Des liens se créent inévitablement, ce qui enrichit notre quotidien. Mais d’un autre côté, il faut se préparer à les voir partir. Il y a des décès qui chamboulent.

Cela fait partie des difficultés du métier, il y en a d’autres ?
SD – Nous avons un certain nombre de tâches quotidiennes à accomplir : levers, toilettes, repas… et le planning est serré. Mais nous sommes confrontés à des personnes lentes, voire très lentes. Il faut parfois 25 minutes pour donner une douche à quelqu’un qui souffre de Parkinson. C’est un autre rythme et toute la difficulté est d’aller vite sans leur faire ressentir que
nous sommes pressées pour ne pas les bousculer.

Diriez-vous qu’il s’agit d’un métier dur, notamment physiquement ?
SD – Bien sûr, car grâce aux nombreuses aides à domicile, les gens qui rentrent en institution sont de plus en plus dépendants. Mais ce qui est encore plus dur, c’est de ne pas pouvoir répondre à toutes les demandes. Les moyens humains manquent et c’est le temps du relationnel qui est sacrifié. C’est le plus frustrant pour moi.